Partie 2 Galerie des portraits

Buste de Marc Aurèle césar

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Buste de Marc Aurèle césar
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Buste de Marc Aurèle césar
Buste de Marc Aurèle césar
Buste de Marc Aurèle césar
Données biographiques
121 - 180
Empereur de 161 à 180
Date de création
Entre 144 et 147
Type
« Offices - Toulouse »
Matériau
Marbre de Göktepe (Turquie)
Dimensions
H. 78,5 x l. 56,5 x P. 32,5 (cm)
Numéro d’inventaire
Ra 61 a

Marcus Annius (?) Catilius Severus, futur Marc Aurèle, est né le 26 avril 121 à Rome. Sa mère était la demi-sœur d’Hadrien. Il était donc le neveu de l’empereur. l’Histoire auguste rapporte qu’il « fut élevé sous la surveillance attentive d’Hadrien qui […] lui confia à six ans la dignité du cheval public et l’introduisit à huit ans dans le collège des Saliens [prêtres danseurs, célébrants du dieu Mars]. […] Il prit la toge virile au cours de sa quinzième année et fut aussitôt fiancé à la fille de L. Ceionius Commodus, selon la volonté d’Hadrien » . Il fut adopté par Antonin le Pieux au moment où ce dernier l’était lui-même par Hadrien, le 25 février 138 ; il n’avait pas encore dix-sept ans. Il n’est donc pas étonnant qu’il existe, et en assez grand nombre, des portraits du jeune homme. Deux types iconographiques successifs, mais dont la diffusion s’entremêla très vite, le représentent alors dont celui-ci, le deuxième connu pour Marc Aurèle, dit « type Offices – Toulouse », datable des années 140-160/161.

Durant ces vingt à vingt-deux ans (139/140-160/161), qui correspondent presque exactement au règne d’Antonin le Pieux, il hérita du pouvoir sous le nom d’Aurelius Caesar. À la demande d’Antonin, il dut rompre ses fiançailles pour épouser la propre fille de l’empereur, Annia Galeria Faustina, de neuf ans sa cadette. Associé, pour l’année 140, au troisième consulat d’Antonin, il fut également invité à s’installer dans le palais de Tibère (domus Tiberiana), au Palatin. Aurelius Caesar avait dix-huit ans en 139 ; il avait presque quarante ans quand il accéda au trône impérial, à la mort d’Antonin, le 7 mars 161. Or, ce n’est qu’à ce moment qu’un nouveau type iconographique allait voir le jour. Cette très grande stabilité des images est en concordance avec Antonin lui-même, qui ne fut représenté, durant toute cette période, que par un seul et même type iconographique.

Mais l’adolescent qu’était encore Aurelius Caesar en 139 était devenu un homme d’âge mûr dans les dix années qui précédèrent son avènement. Père d’une famille nombreuse – Faustine était enceinte de jumeaux, leurs dixième et onzième enfants, au moment de l’avènement –, il ne pouvait être indéfiniment portraituré avec les traits qui avaient été les siens dix, voire quinze ans plus tôt. Comme il arriva quelquefois sous l’Empire, le « type de l’adolescence », sans être fondamentalement modifié, fut progressivement « vieilli » par certains artifices iconographiques. La barbe prend de l’épaisseur et une petite « mouche » ponctue la lèvre inférieure. Avec la moustache, elle gagne encore en volume sur les derniers exemplaires, annonçant ainsi d’assez près le type de l’avènement, dont les traits seront simplement amaigris et la coiffure très légèrement modifiée. Un examen attentif des monnaies autorise à dater avec quelque précision ces différentes adaptations.

Le buste de Toulouse rentre dans un de ces sous-groupes (sous-groupe c de la classification de Klaus Fittschen), qui se situe dans les années 144-147 et qui comporte à ce jour neuf exemplaires, découverts tant en Gaule, en Afrique et en Asie Mineure qu’en Italie. Ce nombre relativement élevé de portraits s’explique très vraisemblablement par le fait qu’Aurelius Caesar fut désigné pour un deuxième consulat en 144, revêtit cette charge en 145 et épousa Faustine au printemps de cette même année. Ce mariage scellait définitivement le choix d’Antonin de le destiner à l’Empire. C’est de ces années décisives que date donc le buste de Chiragan et c’est assurément ce nouveau statut d’Aurelius Caesar qui conduisit à en faire parvenir une image tout officielle dans la villa, où elle vint s’ajouter au portrait du souverain régnant et aux effigies impériales des règnes précédents.

D’après J.-C. Balty 2012, Les portraits romains , 1 : Le siècle des Antonins, 1.2 (Sculptures antiques de Chiragan (Martres-Tolosane), Toulouse, p. 207-218.

Bibliographie

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  • Balty, Cazes, Rosso 2012 J.-C. Balty, D. Cazes, E. Rosso, Les portraits romains , 1 : Le siècle des Antonins, 1.2 (Sculptures antiques de Chiragan (Martres-Tolosane), Toulouse
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  • Bergmann 1978 M. Bergmann, Marc Aurel, Francfort-sur-le-Main
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  • Du Mège 1835 A. Du Mège, Description du musée des Antiques de Toulouse, Toulouse
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  • Du Mège 1844 A. Du Mège, Description du musée des Antiques de Toulouse (document manuscrit )
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  • Du Mège 1828 A. Du Mège, Notice des monumens antiques et des objets de sculpture moderne conservés dans le musée de Toulouse, Toulouse
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  • Espérandieu 1908 É. Espérandieu, Recueil général des bas-reliefs de la Gaule romaine, 2. Aquitaine, Paris
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  • Flisi 1989 E. Flisi, Questioni di ritrattistica antoniniana: dalla collezione del Palazzo ducale di Mantova, Florence
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  • Rachou 1912 H. Rachou, Catalogue des collections de sculpture et d’épigraphie du musée de Toulouse, Toulouse
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  • Wegner 1939 M. Wegner, Die Herrscherbildnisse in antoninischer Zeit (Das römische Herrscherbild), Berlin
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  • Musée Saint-Raymond 2011 Musée Saint-Raymond, L’image et le pouvoir : le siècle des Antonins. Exposition, Musée Saint-Raymond, Toulouse, 19 novembre 2011-18 mars 2012, Toulouse
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Pour citer cette notice

Capus P., "Buste de Marc Aurèle césar", dans Les sculptures de la villa romaine de Chiragan, Toulouse, 2019, en ligne <https://villachiragan.saintraymond.toulouse.fr/ark:/87276/a_ra_61_a>.